dimanche 17 décembre 2017

Pourquoi les associations de consommateurs servent la soupe aux banques


Par Gérard Faure-Kapper

Je crois que les banques ont réussi, par la loi limitant les frais, une formidable arnaque.

Leur mérite réside dans le fait qu’elles ont réussi à faire porter ce funeste projet par les associations sensées défendre les clients.

Celles-ci se sont félicitées même alors qu’elles venaient de faire adopter une loi qui aura pour conséquences de multiplier les coûts.

Comme dit la chanson, « j’suis content, j’suis content, j’suis content, j’suis cocu mais content »



Les associations demandaient la limitation à 80€ par mois des commissions d’intervention.

C’est ce qu’elles ont obtenu.

Les associations demandaient que les clients soient prévenus par courrier, quatre jours avant le passage d’une écriture à découvert.

C’est ce qu’elles ont obtenu.

Une fantastique victoire pour l’AFUB, l’UNAF, Que Choisir, et j’en passe.



Résultats.

Je compare avec les banques britanniques. Celles-ci sont beaucoup plus avancées technologiquement, puisqu’elles utilisent les SMS.

Une écriture se présente sur le compte. Tut tut, le portable du client prévient du problème. Ainsi, il prend les dispositions nécessaires. Ca s’est passé à la vitesse de la lumière, et ça ne coûte rien à personne.

Les banques françaises ne connaissent pas cette technologie. Elles utilisent encore le papier, la machine à écrire, le recommandé et font appel aux bons services de l’Administration des Postes et Télécommunications.

Ce qui fait que le client reçoit en même temps la lettre d’information et la lettre de refus. Le facteur n’a qu’un voyage à faire.


Et les banques françaises, contrairement à leurs homologues brexitiens, vont tarifer leur service préhistorique.


Je prends par exemple, les tarifs de la Banque Populaire de l’Ouest. La lettre coûte 12,50€ et la mise en attente de l’écriture, 6,65€.



Maintenant, comparons les coûts avant que les associations s’en mêlent, et les coûts après qu’elles soient intervenues



Vous avez 10 écritures par mois :
Avant : 80€
Maintenant : 298,65€


Vous avez 20 écritures par mois :
Avant : 160€
Maintenant : 482,15€


Vous avez 30 écritures par mois :
Avant : 240€
Maintenant : 673,65€



Ainsi les banques ont donné l’impression de lâcher du lest, de faire un gros effort financier, alors que les associations leur ont imposé des contraintes légales qui leur permettent de multiplier les frais.



Puis, les gens s’en rendent compte et se plaignent.


Alors « 60 millions » refait un article sur les frais abusifs fin octobre 2017. Le journaliste donne des explications imprécises mais ne parle pas du principal : les taux usuraires.

Puis l’AFUB est sur le plateau de C dans l’air, explique que les clients doivent faire jouer la concurrence, mais ignore sa responsabilité écrasante dans cette arnaque.


Epilogue.


Comme d’habitude, le ministre s’en mêle. Il demande une réunion en janvier 18 du comité consultatif du secteur financier. Ce même comité qui est l’unique responsable de l’augmentation exponentielle des frais.

Comme d’habitude, sous couvert d’une mesure en faveur des « plus fragiles », les banques vont faire des « propositions ».

Comme d’habitude, les associations qui sont incompétentes pour chiffrer les conséquences financières vont applaudir.


Et les usagers de la banque vont payer encore plus cher les services fantômes qui rapportent des milliards aux banques.



Et les responsables de ces associations ? Ils sont contents. Ils n’ont rien compris mais ils sont contents.

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